Protégé : Les choses que je ne dis pas

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Mon manège à moi…

C’est la PMA. C’est reparti pour un tour. Nous avons laissé passer un cycle avant de nous relancer dans le transfert du Survivor. Je suis partie en vacances, j’ai profité des quelques rayons de soleil tout en essayant de me retaper physiquement et mentalement.

La PMA est une course de fond et cette course ne me semble pas avoir d’arrivée pour le moment. Alors je cours, avec pour seul objectif un résultat positif à cette lutte acharnée.

Je suis donc depuis deux jours de nouveau sous provames. On prends les mêmes et on recommence, en croisant tout les doigts possibles pour que le Survivor tienne bon à sa deuxième décongélation. Lundi prochain, j’irai faire contrôler Bernard (mon endomètre) et lui montrer encore une fois la tour Eiffel. Pas de projection, pas d’emballement, trop de murs peuvent encore se dresser. Je ne le sais que trop bien.

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Survivor

Trois jours ont passé depuis le dernier lundi au soleil. (C’est une chose qu’on verra jamais…)

La mauvaise nouvelle est plus ou moins encaissée. Et ce matin, c’est les mains tremblantes que j’ai répondu à l’appel du laboratoire. Nous avions placé peu d’espoirs dans le dernier embryon restant. Nous savions qu’il y avait peu de chance qui donne un beau blastocyste. Mais la PMA contient toujours son lot de surprises, bonnes ou très mauvaises. Notre J2 restant est donc devenu un beau J5, qui est retourné direct au congel après avoir vieilli de trois longs jours.

La FIV 4 n’est donc pas d’actualité. Après tout, qui sait, c’est peut-être la dernière clé du trousseau qui ouvre la porte…

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The Fabulous Dr B.

Comment réagir face à ce nouvel échec ? La sidération, les larmes, l’envie de partir, de crier que c’est injuste, que c’est épuisant, qu’on ne veut plus de tout ça.

Mais le Dr B. ne nous a pas abandonné. Face à nos mines déconfites, il nous a pris en charge aussitôt, lui et son confrère du laboratoire le Dr Z. Réunion à quatre, à peine 5 minutes après l’annonce de cette mauvaise nouvelle. Pourquoi ? Pourquoi ils n’ont pas tenu ? Le Dr Z. commence une esquisse d’explication, les méthodes de congélation / décongélation ne sont pas les mêmes d’un centre à un autre, alors peut-être… Mais le Dr B. a vite coupé la parole à son confrère. Les blastocystes congelés n’étaient pas bonne qualité. Lui n’aurait pas choisi de congeler, et de nous créer de faux espoirs.

Et que fait-on maintenant ? Il nous reste un J2 de cette FIV3… Et je sais que le Dr B. ne crois pas trop dans les J2… il ne congèle d’ailleurs jamais de J2. Alors pour le Loulou qui reste, le programme est trouvé : ils l’ont donc décongelé hier aussi. Mis au chaud pour trois jours, pour voir si il peut nous donner un beau J5 voir même un J6. Si il tient le coup, il retourne au congel en attendant mon prochain cycle. Si il ne tient pas le coup, il fournira au moins quelques informations sur la qualité de nos embryons.

Après cette réunion au sommet, le Dr B. ne nous laisse pas en plan. Alors on se laisse porter. Nous voilà partis avec lui à son cabinet, dans sa jolie voiture payée avec le montant astronomique de nos consultations. Nous passerons une heure avec lui. Nos questions ont trouvé des réponses, les différentes options sont envisagées, les ordonnances prévues, et c’est le cœur plus léger que nous sommes repartis de Paris.

Quelques mots me restent en tête : Vous êtes dans le train. Vous ne savez pas quand vous arriverez, mais vous arriverez, c’est sûr.

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Un beau jour…

Ou peut-être une nuit (ça devient n’oubliez pas les paroles ici…)

C’est un beau jour. Un beau jour ensoleillé. Un de ceux où on n’envisage pas les mauvaises nouvelles. Mais la PMA n’épargne jamais. Même quand il fait beau.

Je vous avez laissé au tout début de nos aventures, Bernard (mon endomètre pour ceux qui suivent pas) & moi, on devait monter à la capitale après une semaine de provames pour voir si il était beau le Beber. Il y a donc tout juste une semaine, après avoir emmené Bernard voir la Tour Eiffel, je l’ai présenté au Dr B. qui l’a trouvé tout à fait à son goût. Une prise de sang plus tard, tout les feux étaient au vert pour un transfert de nos deux J5 (Riri & Fifi pour ceux qui suivent.)

Une semaine tout pile après, le corps blindé de progestérone, les yeux encore collés de sommeil après un réveil qui pique à 4h du matin, nous voilà partis tous les trois, M. Rock, Beber & moi pour un transfert made in Paris 16e.

C’était aujourd’hui. Il fait beau. Le train n’a pas de retard. Tout se passe aussi bien qu’on pouvait le souhaiter. Mais pendant que nous commencions à remplir les papiers, le Dr B. entre dans le secrétariat avec sa tête des mauvais jours. Riri & Fifi n’ont pas tenu le coup à la décongélation. Pas d’embryons, pas de transfert. Pas de transfert, pas d’espoir.

C’était une belle journée pour espérer. Mais même ça, la PMA nous l’a enlevé.

Et c’est parti…

Pour le show… (non, je n’ai pas honte de ma culture musicale…)

N’étant pas dotée d’un cul bordé de nouilles, ni de trèfle à quatre feuilles, ni de patte de lapin, la chance est rarement de mon côté. J’ai eu beau croiser les jambes, faire le poirier, contracter mon vagin, mes règles ont débarqué à la date prévue, comme une horloge suisse, vendredi dernier. Evidemment le Dr B. était encore en vacances, en même temps vu la blinde de fric qu’il doit se faire, c’est pas étonnant qu’il se paye ses deux semaines à chaque vacances scolaires…

Alors vendredi, en pleine déprime accompagnant toujours cette période maudite, me revoilà encore à calculer : Avec mes cycles long de 40 jours, les prochaines règles tombaient ENCORE pendant les prochaines vacances du Dr B. Alors ça allait ENCORE reculer ce put*** de transfert alors que moi je veux avancer.

Oui, femme varie (et homme aussi d’ailleurs, pas de sexisme ici). Après avoir tant désiré une pause, maintenant je veux que les choses bougent. Que ce soit en bien ou en mal, il faut bien les faire ces transferts pour être fixés… passer à autre chose ou enfin décrocher le Saint Graal… Je rageais donc de voir encore une fois les choses ne pas suivre mes plans et mes envies.

Par acquis de conscience, j’ai décroché mon téléphone hier pour causer avec Charlotte, la secrétaire du Dr B. Je l’aime bien cette Charlotte. Un peu sèche parfois, mais elle a l’air de bien maîtriser son sujet, et j’ai bien l’impression que ce tête en l’air de Dr B. ne s’en sortirai pas sans elle. Je lui annonce donc mon J4 prête à entendre que dame tant pis, ça sera pour le prochain cycle. Mais que nenni. Ma surprise fût grande, comme quoi on ne maîtrise jamais vraiment le sujet, même quand ça fait 4 ans qu’on a le nez dedans. Me revoilà donc à gober des cachetons de provames pour stimuler Bernard (c’est comme ça que j’ai décidé d’appeler mon endomètre, on est devenus intimes depuis le temps.)

Rendez-vous est donc donné lundi prochain. Moi & Bernard, on monte à la capitale.

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Voyage, voyage.

Plus loin, que la nuit et le jour. (Chacun ses références musicales)

Lors d’une très (très) froide journée de janvier, le rendez vous était donné tôt le matin. Ils nous attendaient tous les trois, dans une bonbonne encore plus froide que l’air extérieur, prêts à changer d’air.

Ce n’est pas anecdotique de déménager ses propres embryons congelés. Les recommandations sont précises, et le stress au rendez-vous. C’est donc bien attachés à l’arrière de notre voiture, que nous embarquons Riri, Fifi & Loulou (ouais on les appelle comme on veux d’abord). C’est un peu dingue de se dire qu’on promène des petits bouts de nous. Des embryons ce n’est pas encore vraiment de la vie, mais c’est des espoirs. Des espoirs d’une vie future qui grandirait bien au chaud dans mon utérus.

Quelques heures plus tard, ils ont été déposés dans une grande cuve, et sont donc désormais domiciliés Paris 16e. Et vu le prix du mètre carré dans cette clinique, ils ont intérêt à vite être transférés, ou notre PEF (Plan Epargne Fiv) va y passer.

Maintenant on attend le cycle suivant. En croisant les doigts pour que le J1 ne tombe pas pendant les vacances de Dr B. Attendre… Est ce qu’on fini par s’y habituer ?

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Se relancer dans la bataille.

Une pause. Pas si longue finalement. Je n’avais même pas pris le temps de répondre aux commentaires de mon dernier article. Je n’avais pas le cœur à ça.

J’ai noyé mon chagrin dans un emploi du temps de ministre. Travailler plus. Sortir plus. Boire plus. Pour que le temps passe plus vite. Que les blessures se pansent sans trop y penser. Les doutes qui reviennent la nuit. Est ce qu’on s’aime assez pour affronter tout ça à deux ? Et si ces épreuves nous séparent ? Et si nous n’étions plus ensemble, aurions-nous des enfants plus facilement ? À quoi ressemblera nos vies si ça ne fonctionne jamais pour nous ? Supporterons nous de vieillir à deux avec ce regret inconsolable ? D’ailleurs si je me pose toutes ces questions, n’est ce pas la preuve que je ne l’aime pas suffisamment ? Le serpent se mord la queue et notre vie stagne.

Londres nous permet de nous retrouver. Quelques jours, une parenthèse. Les vacances ne sont toujours qu’une parenthèse. Je pensais appeler le Dr. B. dès mon retour. Il me faudra encore quelques temps pour trouver la force de décrocher mon téléphone.

Et puis un vendredi, peut-être parce qu’il faisait beau, peut-être parce que j’avais mieux dormi ou peut-être parce que c’était le bon moment, j’ai recontacté celui dans lequel j’ai mis mes derniers espoirs. Voilà maintenant une semaine que j’organise le « grand déménagement ». Contacter la clinique parisienne devant accueillir nos trois embryons, prévenir le CHU de notre départ… La date est fixée, jeudi prochain, dans notre petite voiture, nous ferons voyager nos trois espoirs. Une belle histoire à raconter si enfin nos espoirs décident de s’accrocher…

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Et maintenant ?

Que vais-je faire ? (Vous avez la chanson dans la tête maintenant ?)

Le résultat ne date que d’hier, mais n’y croyant vraiment pas,  lors de mes nuits sans sommeil, j’avais déjà fomenté un plan B.

Alors dès midi hier, me voilà la carte bleue à la main, pour réserver quelques jours à deux à Londres début janvier. Besoin de se retrouver, de faire une pause, sans cachets, sans piqûres, sans médecins. Je suis intimement persuadée que ces pauses sont nécessaires, au corps et à l’esprit. J’en ai profité pour prévoir aussi moult choses impossibles en cas de grossesse, comme la suite des mes tatouages, la reprise de la course à pied, et des soirées bien arrosées.

Après le voyage à Londres, le programme est déjà tout trouvé. Je n’envisage pas de retourner dans mon centre de PMA. Dur de continuer à faire confiance après trois échecs. Nous avons l’impression d’être un numéro parmi des centaines de dossiers, et même si la majorité des praticiens sont d’une grande gentillesse, je ne veux plus arpenter les couloirs de cet hôpital. Nous reprendrons donc rendez-vous avec le Dr B., à Paris, pour programmer le transfert de nos embryons restants avec lui. Il me semble avoir déjà lu sur un blog une PMette qui était parti avec ses embryons sous le bras faire un transfert ailleurs, je crois donc que cela est envisageable. Je ne sais pas si nos chances augmenteront mais j’ai décidé de placer mon espoir  entre ses mains.

En attendant, encore un Noël et encore un nouvel an à affronter, marquant le temps qui passe inlassablement sans petit nous à nos côtés. Il ne nous reste qu’à espérer que 2019 nous sourira.

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